• The Last High

     

    Etalés sur le sol, livres d'une langue étrangère brumeuse, mots dénués de sens, que je dois pourtant avaler, engloutir, jusqu'à étouffement. Parcourant les lignes, toujours plus longues, les pages, abondantes, son visage se détache et ses bras me capturent, m'engouffrant entre les feuilles.

    Le manque de sa langue parcourant mon cou est intenable, et je m'efforce de remplacer les images infernales de ses mains m'enserrant en m'abonnant à d'autres activités, plus ou moins saines. Et hier était une nuit agréable, l'alcool, sans couler à flot, éclatait par bulles au creux du ventre et à l'arrière des yeux clos. Les cheveux volaient autour du visage maltraité par les ongles, moments où les gestes se font incontrôlables et où la buée s'écoule lentement, hurlements, absorbés. Les corps anonymes bougeaient au rythme du martèlement de la batterie et je souriais, devant un tel spectacle, magnifique et hideux. Les doigts étaient brûlés par les cigarettes fumées à la chaîne et nous riions, elle et moi, de nos âmes insouciantes.

    Et alors que The Raveonettes résonnait, que les jambes devenaient folles, que l'esprit s'évaporait, son regard violent me dévorait et ses lèvres me mordaient jusqu'au sang. Les yeux fermés, victime des sens.

    Je ne peux feindre la limite, ces quelques mois, et le déracinement qui s'opérera, extérieur et inéluctable. Défaillance des corps isolés, cris étouffés à l'intérieur des draps, seuls. La folie. La désolation.

    Et l'oubli. 


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